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[En cours]Pavillon Noir - Les 5 Soleils

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[En cours]Pavillon Noir - Les 5 Soleils

Message par sppaj / Jo le Lun 12 Mai - 22:44

Voici le résumé de la partie que je maitrise en ce moment avec les membres de RUNE.


Première Séance - Chapitre 1 - Un Espadon sous le Soleil




Joueurs :

Joël – Francis de Vercourt
Gaby – Rémy de Saint Marc
Dom – Ange

Joueurs Absents :

Jessica – Eglantine Gauthier
Sylvain – Xabi de Cazauban



Nous sommes en l’an de grâce 1718. Les guerres de succession d’Espagne ont appauvri la couronne d’Angleterre comme leur ennemi français. Les esprits se tournent alors vers les colonies du Nouveau Monde dont les richesses toujours croissantes renfloueraient bien les coffres vides de la vieille Europe…





1) La France du jeune Louis XV.


Au petit matin du 17 Mai à Brest, c’est l’effervescence.  Les milliers de marins qui investissent le port depuis plusieurs semaines font le bonheur des tripots bretons et de leurs étals de pêche, où se déversent toujours plus de marins fatigués par la guerre au nom du Roy de France. Car le jeune Louis XV n’a que huit ans, et le pouvoir est aux mains du Duc d’Orléans, « Régent du Royaume ». Celui-ci a pour charge de succéder au Roi Soleil, dont le règne s’est couronné de notables succès (Les actions de ministres tels que Colbert, la suprématie sur les fronts, et la domination culturelle) depuis Versailles, et s’est entaché de cuisants échecs (en tête : les guerres de religion, qui ont chassé ou massacré les protestants soit 1/20ème de la population).
Le responsable de cette agitation : Le Vice-Amiral d’Estrée : un vieux marin exténué dont la mer a érodé tous les os du corps, mais qui a aujourd’hui la tâche de rassembler la flotte du Roi revenue de la guerre. Pour cela, il a choisi Brest, et entrepose dans la rade bretonne des bâtiments de guerre de la taille de villes entières.

Serpentant à marée basse entre ces immeubles flottants, une yole (barque très longue et très solide) quitte la rade pour rejoindre son navire d’attache stationné en mer. A son bord, cinquante gardes-marine dépêchés par l’amirauté, et la majorité des officiers de l’Espadon, Frégate Trois mâts carrée de la Marine Royale.
Arrimée à tribord (Réservée uniquement au Capitaine et son éventuelle escorte, comme le veut la coutume), la yole libère un a un ses occupants.

2) De nouveaux visages bientôt familiers.


Le premier d’entre eux est le Capitaine de Clichy. Vaillant gaillard à la mine haute, fière et particulièrement enjoué, ce vieux briscard à la réputation impeccable semble faire dès son arrivée le bonheur de ses hommes. Loin des airs supérieurs et autoritaires de ses paires, le Capitaine salut ses marins avec respect, s’inquiète de leur sort, avant de se placer à la barre, prêt à discourir avec fierté.

A ses côtés vient s’adjoindre le second, Mr de Jarnac, et sa mine plus renfrognée. Les hommes ne le saluent pas aussi bien que leur Capitaine, mais le premier Lieutenant aime cette barrière moral et militaire qui le sépare les officiers de l’équipage. Quelques autres officiers, parmi lesquels plusieurs sous-officiers en herbe venus démarrer leur carrière sous les ordres de De Clichy, précèdent les militaires.

Les gardes marines viennent se placer à leur poste : en ligne droite sur le pont, séparant celui-ci en deux bords en son centre. Puis le Maitre d’équipage, Jean-François Ringuet, fait claquer son nerf-de-bœuf sur les cuisses de plusieurs rêveurs pour rappeler à chacun pourquoi on l’appelle « La Trique ». L’air grincheux et antipathique malgré son bras en moins, il remet les hommes en place et les fais mettre au garde-à-vous et en silence au milieu du pont pour attendre le discours de leur Capitaine.
« Mes amis. Mes enfants.
Comme vous le savez, le Roi a une fois de plus requis la présence de notre navire dans le Nouveau Monde. Je regrette que notre mission ne soit pas aussi trépidante que l’ont été certaines aventures passées à votre commandement dans les Caraïbes auparavant, mais je compte bien me rattraper, rassurez-vous !
J’en prends donc pour témoin nos exploits passés : Il va s’en dire que si nous croisons quelconque forban bien décidé à pirater pour son compte tout navire de sa très Gracieuse Majesté, nous le coulerons par le fond, et offrirons à son traitre de capitaine un saut rapide du haut d’un mat  à lui en briser la nuque !
Et si bien sûr, l’occasion nous était donnée de détrousser au préalable ce forban, vous aurez tout loisir de disposer de son or pour répandre la bonne parole du seigneur et la suprême autorité de notre bon roi Louis dans les tripots de votre choix !
Rendons grâce à Dieu de pouvoir faire briller la Majesté de notre Roy par delà le Vieux Monde !
Pour Dieu ! Pour le Roy de France !
»

Galvanisés par ce discours et renforcés dans leur allégeance à leur Capitaine bien-aimé, les troupes se remettent au travail : l’Espadon doit encore ranger les tonnes de vivres et de matériel qui jonchent son pont avant d’appareiller, le lendemain. Et alors que tous se remettent à la tâche, les officiers se retrouvent pour partager le Premier Verre.  De cette réunion, plusieurs décisions seront prises, parmi lesquelles l’élection au poste prestigieux de Troisième Lieutenant du nouvel arrivé Mr de Vercourt, et la décision du Capitaine de convier plusieurs nouveaux venus à un dîner traditionnel de bienvenue dans son manoir qui « borde » Brest.


3) Les Hommes de Groin-Gorge

C’est ainsi que plusieurs marins, vulgaires, peu regardant sur l’hygiène et pour certains peu enclins au voyage en fiacre, se retrouvèrent engoncés au fond d’une diligence, arpentant arbustes et forêts en direction du manoir de Clichy.

Martin Moulot eut tout loisir de dégobiller par la fenêtre sa ration du matin pendant les quatre heures du trajet. Au grand dam de son voisin Ange, très incommodé, et du nouvellement nommé Canonnier, Mr Francis de Vercourt. Deux frères, Gaspard et André Royan, regardèrent vite d’un œil intéressé la soie brodée sur les tissus. Quant à Remy de Saint Marc, le nouveau rebouteux de bord, il dut discuter courges et salsifis avec le cocher dont le mauvais temps et la soif ne purent empêcher le débit incessant de palabres.

Au bout de quelques heures d’un voyage tortueux à gravir et dévaler la campagne rocailleuse bretonne, les premiers traits de caractère s’éveillaient dans le véhicule exigu. Le Lieutenant de Vercourt usait  de son autorité sur les frères Royan qui testaient là leur nouveau Lieutenant. Ange montrait sa véhémence et sa colère à l’encontre de son voisin vomisseur, et Rémy noyait sa perception dans le rythme berçant des sabots des chevaux.

Cette situation électrique fut stoppée nette par le bruit tonitruant provoqué par plusieurs tirs de mousquet en direction des deux calèches. La calèche de tête, (bien que les passagers de la seconde ne s’en rendirent pas compte), vit les entraves de ses chevaux sauter d’un tir chanceux. Le fiacre qui contenait les De Clichy  bascula aussitôt dans un parterre de rochers.
Au même moment le second cocher fut foudroyé, bien que Remy son voisin ne sourcilla pas, sinon du silence immédiat qui suivit. Les passagers tentèrent alors de maintenir ce pauvre Job’, basculé sur le toit en toile et à moitié flanqué à l’arrière du carrosse.
Ce fut peine perdue, et le second fiacre finît inévitablement par percuter celui, immobile, des De Clichy. Les chevaux toujours harnachés tentèrent de se libérer et entrainèrent dans leur folie le véhicule de tête vers un très dangereux ravin. Ni une, ni deux, Rémy s’éveilla et coupa les sangles qui libérèrent les chevaux.

Le terrible vacarme dura encore quelques instants que les derniers matelots de l’Espadon durent mettre à profit pour s’organiser. De Vercourt pu maintenir la cohésion d’un groupe pas encore rompu au travail d’équipe au prix de quelques ordres simples.  Et alors que la peur grandissait de voir débarquer leurs assaillants au nombre inconnu à travers le très épais nuage de poussière, chacun s’élança au-devant du danger !
Ils partirent donc tous se planquer comme des lapins un jour de chasse à courre, derrière les fiacres accidentés pour la plupart, dans les fourrés avoisinants pour Ange.

Les ennemis ne tardèrent pas à se pointer, plusieurs pistolets à la main, prêts à en découdre. Ange attaqua un trainard par surprise mais sa courte lame trop fragile se brisa avant de pouvoir servir. Le combat fut terrible pour tous les marins, qui accusaient vague après vagues d’ennemis toujours en surnombre.
Mais c'était sans compter sur N’Serengi. Le puissant et mystérieux nègre, ami du Capitaine, trancha le bras de deux ennemis coups sur coups, ajoutant à son regard de fureur la puissance de ses coups de la rapière qu’il avait prise au Capitaine.  Capitaine que protégeait de sa rapière et sa fidèle main gauche Francis de Vercourt.
Car il en fallait pour défaire le Canonnier de l’Espadon. Sans prononcer le moindre mot, celui-ci se débarrassa de plusieurs assaillants  avec maitrise, concentration, efficacité, et une très belle posture de quarte qui désarçonna tour à tour trois profanes de l’escrime.

Le pauvre De Clichy gisait quant à lui dans une mare de sang devant les regards humides et impuissants de Madame et Mademoiselle. C’est alors que Rémy de Saint Marc surgit. Il examina les blessures coriaces du Capitaine qui avait déjà perdu beaucoup de sang et mit quelques secondes avant de rassembler ses esprits et former une idée claire que les Dames de Clichy comprirent comme : « faire exploser  le flanc de ce pauvre capitaine mourant ». Le rebouteux appliqua donc un baume à base de cette poudre chinoise particulièrement volatile sur le blessé, le fit tenir sur la plaie avec une mélasse organique sanguine, et y mit le feu.
Madame de Clichy oubliera sans doute un jour cette bile infâme qui vola depuis les intestins de son mari. Mais pas avant des années.
Toujours fut-il que la plaie, ce dégluti de reste de foie humain, apparut finalement « cautérisé », dans ce qu’on appellera plus tard « le Miracle de Clichy », mais qu’aucun livre de chirurgie digne de ce nom ne décrira jamais.

Il ne fallut que quelques secondes pour que les chefs des assassins fassent leur apparition, venus finir le travail. Et nos brillants héros ne l’apprirent que plus tard, mais Groin-Cogne et ses gars furent payés  bien assez gracement pour être prêt à tous les risques possibles.

C’est ainsi que le brigand borgne, bien connu des prisons  de Brest, mit un terme à la folie furieuse de N’Serengi d’une balle de pistolet droit dans les côtes avant d’envoyer ses hommes vers le dernier rempart dressé devant le Capitaine de Clichy : Francis de Vercourt. Le canonnier impuissant déchargea sa dernière arme sur l’un des malandrins, et tenta une botte sur le second qui ne se fit pas avoir, et lacera en retour le dos de l’officier avec rage.
Le combat tourna rapidement au désavantage de De Vercourt, immobilisé par une vieille blessure au poumon et un nombre répétés de coups reçus dans la jambe droite. Rassemblant ses dernières forces, il brisa la garde du dernier sous-fifre et plongea sa main droite dans sa cuisse, lui arracha un hurlement qui réveilla très certainement toute âme à la ronde. De Vercourt tentait de recouvrer enfin son souffle et ses forces quand l’assassin en chef brandît sa machette en direction de la gorge nue de l’officier.

Bien heureusement, l’effort de commandement de De Vercourt, inébranlable dans la bataille, fit ressurgir chez ses alliés de fortune un esprit de corps. Il put donc compter sur ses Ange et De Saint Marc pour se débarrasser enfin de Groin-Gorge alors qu’il se trouvait au plus mal.

Ainsi survécurent ces marins si loin de leur navire, au milieu de cette nuit qui s’annonçait pourtant calme.


4) Retour au calme.

Quelques minutes plus tard apparut un nouveau fiacre en direction de la banlieue brestoise. Arrêté par un De Vercourt titubant et blessé, le cocher demanda des explications avant de baisser sa vieille arquebuse, et alerter ses passagers. Ces derniers s’effacèrent pour pourvoir au salut de Monsieur De Clichy et sa famille, qui filèrent  vers un abri et un médecin providentiels.
Mais alors qu’il était au plus mal, De Clichy, militaire jusqu’à la fin,  adressa à son officier ses dernières instructions. Pour son attitude exemplaire, De Vercourt reçut des mains de son épouse la propre rapière du Capitaine, une arme exceptionnelle dont le tranchant a fait trembler plus d’un anglais pendant les dernières guerres.

Il fallut quelques heures pour que la tension retombe au sommet de cette falaise, avec l’aide de plusieurs soldats de la ville de Brest dépêchés en urgence. Ces derniers, fort bien organisés, reconnurent les malfaiteurs, prirent connaissance du témoignage de nos marins, firent un feu des deux irréparables fiacres, et quittèrent les lieux en ramassant les corps. Les marins se virent confier un coche pour se rendre à nouveau à Brest, où De Vercourt tint à rencontrer le Vice Amiral d’Estrée.
Nos quatre marins avaient rarement passé une soirée aussi mauvaise, et aucun d’eux ne pouvait s’enorgueillir de ses blessures :
• N’Serengi avait perdu son ami, le Capitaine de Clichy, et saignait de façon ininterrompue à hauteur de côte.
• Ange avait lutté comme un lion, désarmé face à un malendrin qui lui avait cisaillé l’avant-bras et infligé une salle blessure à la tempe droite rendue violacée.  
• De Vercourt, malgré le flegme imposé par son statut, avait rouvert une blessure au poumon particulièrement insupportable, et s’était vu infligé plusieurs lacérations sur le mollet et le tibia, laissant ses chairs à vif.
• Enfin, Remy avait retenu la vie d’un homme fermement dans ses mains, mais déplorait la perte de leurs compagnons tout juste rencontrés : les frères Royan et le Moulot, qui avait rendu son impuissance à peine supportable…


Le Vice-Amiral d’Estrée, peu enclin à être réveillé à cette heure, ne put mûrir aucune décision pour De Vercourt. Aussi lui annonça-t-il de transmettre au second des ordres simples : Attendre les instructions de l’Amirauté, fallut-il retarder la mission en cours de l’Espadon.


De retour sur leur navire, nos marins ramenèrent de bien mauvaises nouvelles. Outre la perte de trois des leurs, ils durent justifier de l’absence de leur bien aimé Capitaine. Mais avant qu’ils aient eu le temps de raconter le moindre morceau de l’histoire, ils furent interrompus par le Second Mr de Jarnac, qui leur ordonna de rendre compte dans le carré des officiers.
Les marins, toujours en sang, obtempérèrent, et racontèrent leur historie au second. Celui-ci apparut soucieux de ces nouvelles, que nos marins interprétèrent avec suspicion. Le Second comptait-il tirer profit de la situation ? Avait-il préparé ces réponses graves ? Sans en avoir la certitude, le sang d’Ange ne fit qu’un tour, et il bondît sur son second scandant à la trahison du Premier Lieutenant ! Le jeune garçon rentra dans une instopable fureur, que le bord entier put entendre. Il fut finalement arrêté par l’œil-de-bœuf du Maitre d’Equipage qui le plaqua contre le bois de la lourde table de stratégie, avant d’être mis aux arrêts, rapidement rejoints par le médecin de bord parfaitement d’accord avec les accusations du Chef de pièce Ange.
Une fois le calme revenu dans le mess des officiers, De Vercourt fut rappelé à l’ordre pour sa passivité alors que son officier supérieur se faisait prendre à partie par un simple matelot. Le Canonnier répondit poliment, mais fut vu d’un très mauvais œil.

5) Un Navire sans Capitaine.


Au petit matin du 18 Mai, on jette à la mer les corps du Moulot et des frères Royan . Le second tient en mire de sa longue vue l’Amirauté du port alors que le pont est débarrassé de ses dernières cargaisons. Une Flûte s’approche à quelques encablures en vue d’accoster. Le maitre d’équipage vérifie minutieusement, planche par planche, qu’un clou ne dépasse. Le quartier-maitre rassure les hommes sur la bonne chance qui entoure leur navire et leur expédition, malgré les faits récents. Le nouveau Canonnier, pourtant affaibli par les blessures, prend connaissance de ses prérogatives. Un chef de pièce manque à son poste, ainsi que le médecin de bord. Tous deux attendent dans la pénombre qu’on les délivre de leurs chaines.
On prie, on chante et on boit, pour que Dieu accorde force et volonté au Capitaine de Clichy, ainsi qu’à son équipage.
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Re: [En cours]Pavillon Noir - Les 5 Soleils

Message par sppaj / Jo le Lun 12 Mai - 22:45

Voilà donc ma tartine, pour les plus motivés d'entre vous.
Merci à Gaby et Jessica de s'être motivés et d'avoir posté un compte rendu personnel dans les posts adjacents à celui-ci. Une très bonne initiative !

Vous pouvez répondre à loisir à ce topic. Je posterai le compte rendu de la seconde séance sous peu.
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Re: [En cours]Pavillon Noir - Les 5 Soleils

Message par La Fée Noire le Mer 14 Mai - 17:25

J'ai hate de lire la deuxième !!!
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Seconde Séance

Message par sppaj / Jo le Jeu 15 Mai - 1:10

Compte-Rendu de Pavillon Noir : Les Cinq Soleils

Seconde Séance - Chapitre 1 - Un Espadon sous le Soleil





Après une nuit mouvementée sur les hauteurs de Brest, les nouveaux venus de l’Espadon annoncent à l’équipage la perte de leur bien-aimé Capitaine. A bord, chacun s’interroge sur le sort qui sera réservé à ce navire privé de son meneur.



Joueurs :

Joël – Francis de Vercourt
Gaby – Rémy de Saint Marc
Dom – Ange
Jessica – Eglantine Gauthier
Sylvain – Xabi de Cazauban









1) Un Espadon décapité :

Au petit matin du 18 Mai 1718, l’Espadon dérive toujours à quelques encablures du port de Brest. Les quarts de nuit prennent fin et le Second, désormais maître à bord, réunit les officiers pour leur donner les instructions du jour. Après les formalités d’usage, il nomme le Canonnier, Francis de Vercourt, responsable du navire, et lui intime de ne pas le déranger en attendant des nouvelles de la capitainerie. De Vercourt, bien que durement blessé la veille, obtempère et prend ses responsabilités à cœur.
Le Troisième Lieutenant commence par accompagner le maitre d’équipage dans la cale pour mettre au clair la situation de la veille avec Ange le chef de pièce, et Rémy de Saint Marc, le médecin de bord. Les remontrances se font douces, et Monsieur Ringuet le maitre d’équipage salue une échauffourée revenue au calme plat. Rémy et Ange écopent tout de même d’une sanction de taille : une fois remis de leurs blessures dans leurs quartiers, ils passeront une semaine dès le lendemain à assister le Coq (cuisinier embarqué).

Quelques minutes plus tard, De Vercourt se poste sur le pont en attendant d’accueillir comme il se doit une Flute venue aborder l’Espadon : La Dame Jeanne. Les marins ne connaissent pas les prérogatives de leur mission, bien évidemment, mais tout le monde se doute rapidement que la Flûte sera du voyage vers les Antilles. Les deux équipages se saluent amicalement, bien que les membres de la Dame Jeanne soient visiblement des marins de métier, et non des conscrits.
Mais ce que De Vercourt attend, ce sont deux nouveaux passagers de marque pour remplir les chambres laissées vides des officiers. Effectivement, se présentent sur le pont, lettre de marque à la main, Mademoiselle Églantine Gauthier et celui qui est présenté comme son valet, Xabi de Cazauban.
Ces deux nouvelles figures prennent place dans leurs quartier, où Mr de Bourg, jeune officier de bord, leur explique la discrétion et la prudence dont les deux passagers devront faire preuve, alors qu’on organise les dernières transports de barils vers la cale, à grand renfort de palans et de poulies de fortune. Effectivement, le pont est encore en effervescence, mais ces préparatifs s’achèvent vite et à midi l’Espadon est officiellement prêt à appareiller.

Le second montre une véritable anxiété au reste de l’équipage. Ses allers retours à la dunette, longue-vue à la main, attisent la curiosité de l’équipage, mais rien ne vient. Calme plat à la capitainerie.
En fin de matinée, les différents hommes sont amatelotés  avec des hommes de l’autre bordée. C’est ainsi qu’Ange partagera son hamac avec un certain Prigent, lui aussi connu pour ses accès de colère envers plusieurs marins. Rémy de Saint Marc aura pour compagnon le très expérimenté Frédéric « Tête de Pioche » Bichon, le meilleur des gabiers. Les hommes font rapidement connaissance, alors que Mr Ringuet le maître d’équipage, sonne le rassemblement sur le pont.
Effectivement, une yole s’éloigne du port en direction de notre navire de guerre. A son bord, certainement les réponses à de nombreuses questions…

2) Un Nouvel Ordre à bord :

Le premier à descendre du bord est l’illustre Vice-Amiral d’Estrée. Mais la tâche est difficile : le vieil homme souffre grandement de ses eaux et se montre mal à l’aise en montant à bord. Sans dire un mot, il se dirige droit vers le mess des officiers. Derrière lui plusieurs hommes de la capitainerie, et un officier de Marine en uniforme : Plusieurs galons rutilants sur le torse, un front proéminant, un nez long et fin, une perruque garnie d’un nœud papillon à l’arrière, et une mine alliant rigueur et colère qui met mal à l’aise ceux qui croisent son regard …
Alors que marins, gabiers, canonniers et maîtres  restent au garde à vous à l’extérieur, on organise une réunion exceptionnelle dans la spacieuse chambre du capitaine. Sont présents les deux nouveaux venus, Mr de Jarnac, M. De Vercourt, M. Ringuet, M. de Bourg, M. De Vergnot , et les deux invités du bord : Mademoiselle Gauthier et M. De Cazauban. Alors que tout le monde s’installe, que l’homme en uniforme et Mr Jarnac s’échangent quelques mots à voix basse, le Vice-Amiral d’Estrée s’adresse à l’assemblée : « Dorénavant, M. de Sailly ici présent remplacera au poste de Capitaine M. de Clichy, le temps de son rétablissement du moins. »  Sur ces mots, le vieil homme finit son verre de vin rouge, se lève avec une main dans le dos comme pour empêcher ce sac d’os de s’effondrer, et quitte la pièce. Mr de Jarnac continue d’exprimer ses opinions en secret à l’oreille de celui qui a été désigné comme le nouveau Capitaine, et qui ne semble pas plus intéressé que ça par la présence des autres officiers ou des invités.
Une fois à la page en ce qui concerne les méthodes de De Clichy et ses méthodes de commandement, le nouveau capitaine, M. De Sailly, s’adresse finalement à ses officiers.


« Messieurs. En tant que nouveau Capitaine de ce navire, je vais vous demander de faire immédiatement table rase du passé. Les … « libertés » accordées par mon prédécesseur cesseront dorénavant de façon systématique. Je vais reprendre les rênes de ce navire, et rendre cet équipage exemplaire aux yeux du Roi. Pour cela, je compte sur vous pour réprimer dans la violence toute forme d’insubordination, quelques soient les circonstances.
Je vais maintenant m’adresser à cet équipage, et vais dorénavant nécessiter votre soutien inconditionnel. Si tel n’est pas le cas ou si je sens chez n’importe lequel d’entre vous la moindre hésitation dans la rigueur exceptionnelle qu’il imposera aux hommes, il ira les rejoindre. J’espère être parfaitement clair.
»


Pour faire suite à ce discours des plus soutenus, le Capitaine de Sailly fait le tour des personnes présentes et  les salue rapidement, avant de sortir pour rejoindre la dunette.
Une fois installé à côté de la barre, il regarde la yole du Vice-Amiral s’éloigner vers le port, observe les regards hagards et distraits de la plupart des hommes, avant de s’adresser à ses troupes.

« Messieurs. A partir de maintenant, je vais vous demander la plus stricte obéissance aux règles. Vous êtes sommés d’obtempérer à tout ordre qui vous est donné, sans discussion. Toute transgression aux règles du bord  sera punie dans la violence. Et puisque ce navire n’est pas une vulgaire taverne, la ration de rhum sera à l’avenir divisée par deux.  
Maintenant que cela est parfaitement clair, nous allons poursuivre sans attendre la mission confiée par notre Roi. Mr de Jarnac, faites donner la manœuvre.
»
Sans plus de discours et devant l’hébétement général, M. De Jarnac sonne la manœuvre. « Parez à appareiller ! Envoyez les gabiers et parez à masquer ! Je veux cinquante hommes au cabestan ! » M. Ringuet soutient ensuite ces ordres en descendant parmi les hommes, pour informer chacun de ses prérogatives et veiller à la bonne manœuvre de tous les marins. Les hommes s’interrogent en échangeant des regards interrogatifs, mais obéissent.

3) En Direction du Nouveau Monde


C’est ainsi que toutes voiles dehors, l’Espadon quitte la rade de Brest et le Royaume de France. L’allure est bonne, et contraste avec la mine de ses marins qui il y a quelques jours encore, sirotaient du tafia en racontant leurs exploits passés de l’autre côté du monde et en omettant ces mois interminables de traversée.
Les officiers, plus que jamais, montrent une grande agitation. Mr Ringuet donne de l’œil de bœuf à tout marin qui faillirait à sa tâche pour rêvasser à sa vie à terre ; M. De Jarnac et M. De Sailly font le tour du navire afin que le second précise à son capitaine les comportements de chacun et l’organisation du bord ; Mr de Bourg explique à nos deux invités quelles sont leurs attributions, et fait mener Mademoiselle Gauthier, prise d’un violent mal de mer, au médecin. Quant à M. De Vercourt, il supporte douloureusement ses vilaines blessures crispé sur le bastingage à côté de la barre, observant çà et là les habitudes de son nouvel équipage.
C’est alors qu’apparait le nouveau Capitaine, venu s’entretenir avec le Canonnier de bord. Hormis Eglantine et Xabi, personne ne saurait dire ce que les deux hommes se disent. Toujours est-il qu’après une conversation courtoise et certainement quelques ordres donnés, on voit descendre le canonnier de la dunette, et s’approcher du reste de l’équipage. Après quelques instructions données à Mr De Bourg, il redescend vers les quartiers de l’équipage, où il demande au Quartier Maitre un hamac et un matelot. Sous la surprise, Lossec n’ose demander, mais De Vercourt lui explique simplement qu’il est maintenant Maître Canonnier, et qu’il demande une place parmi l’équipage comme le veulent ces prérogatives. Il est amateloté avec Gérard Colin, un vieux brisquard qui vient, lui aussi d’obtenir le Poste de Maitre Canonnier .

Eglantine et Xabi ne sont pas les mieux accueillis parmi l’équipage. Et si Eglantine essaie tant bien que mal de détendre l’atmosphère en entrainant chaque marin qu’elle croise vers plus d’intimité, les marins ont pour la plupart du mal à l’idée de voyager avec une femme, et lui renvoient un ressentiment certain. Seul M. De Bourg semble tombé sous le charme, malgré son nouveau rôle de Canonnier et les responsabilités qui en découlent.
Quant à Xabi De Cazauban, il recueille des informations sur les divers marins, avec lesquels il n’est pas des plus à l’aise, et tente de garder une certaine distance entre Mlle Gauthier et ces hommes de la mer.
Vient ensuite le repas du soir pour la bordée de nos deux blessés Ange et Rémy. Les deux hommes s’accompagnent de leurs matelots pour rencontrer un peu cet équipage qu’ils ne connaissent pas encore mais pour qui ils se sont déjà vaillamment battus. Ils attendent donc que le coq le serve une pitance riche et chaude en compagnie de Bichon, un fantastique gabier prêt à tout pour avaler n’importe quoi, Gwen Lossec leur Quartier-Maitre, pourtant jeune mais qui s’associe avec n’importe quel marin pourvu que la discussion soit enjoué, un grand gaillard avec une barbe épaisse et une voix très grave, David Bucheron, qui s’annonce comme la vigie, et les deux maitres-canonniers De Vercourt et Colin.
Lorsque la petite troupe voit arriver le bouillon, tout le monde vante les qualités de Coq d’un certain Honorin lors des premiers jours de voyage. Généralement, le Coq gâte ses troupes et tente de leur faire oublier les bienfaits du port qu’ils quittent avec regret, au moyen d’un plat délicieux et nourrissant. Manque de pot, ce soir, c’est ragout. Et le plat est infâme. Immédiatement, l’interrogation laisse place à une pointe de colère. Le repas est attendu par tous comme le relâchement après une première journée fastidieuse et chacun se demande pourquoi le coq n’a pas pu gâter les hommes aussi bien qu’il le fait d’habitude. Enfin, bons enfants, les marins laissent à l’homme enfermé dans ses cuisines le loisir de se rattraper le lendemain soir …
Pourtant, Rémy n’est pas dupe. Là où tous voient un plat raté, lui s’étonne déjà de voir un morceau de bœuf dans son ragout. « Une si belle pièce pour un plat si simple ? » pense-t-il. Après avoir soigneusement ôté à la viande son jus et la sauce qui l’entoure, il s’avère que c’est la viande elle-même qui donne ce goût horrible au plat. Rémy et Ange évitent l’esclandre, et s’aviseront certainement le lendemain en cuisine de l’état général de celle-ci.
Le soir venu les hommes reçoivent leur demi-dose de rhum, surveillés par les gardes marines. De Vercourt s’abstient. Ange et Rémy en sont privés pour mauvaise conduite et assument malgré l’envie. L’atmosphère est mélancolique les soirs de départ, et la plupart des marins, même Bichon (pourtant habitué au bruit et à la liesse), discute simplement avec des amis de sa bordée.
Après une journée chargée, la nuit est douce et calme.

4) Premier Jour en Mer :

Comme tous les jours, le Conseil des Officiers à lieu. Mais aucun de nos hommes n’y participe. Les Passagers n’y sont pas habitués et les maîtres (tels de Rémy de Saint Marc, ou maintenant Francis De Vercourt), traités comme des officiers par De Clichy, finissent simples matelots sous De Sailly. Même Gwen Lossec, la Voix de l’équipage, ressort du gaillard arrière la mine penaude et basse.
Obéissants à la punition donnée par leur ex-Canonnier, Rémy et Ange se présentent en cuisine, où ils rencontrent Honorin Dessicard, dit « La Baleine ». Ce petit homme très rond travail confiné dans un petit local très exigu où règne une chaleur affreuse. Il accueille les deux hommes simplement en leur désignant une petite pièce de travail, où se trouve déjà N’Serengi. Le matelot s’est vu envoyé un cuisine pour des raisons obscures, que lui-même ne comprend pas complètement. Le labeur est compliqué pour le chef de pièce et le cuisinier qui ne sont habitués ni au labeur que représente l’épluchure des patates, ni au manque d’hygiène qui règne dans ce taudis. Ange prend l’initiative d’aller au moins nettoyer les ustensiles sur le pont, pendant que Rémy commence à éplucher…

Sur le pont justement, les hommes assistent à une scène peu commune.
Depuis plusieurs jours, le second s’était pris en grippe un pauvre marin, Thiery Gentil. Le bougre, certes jeune marin et surtout maladroit, subissait jour après jour les remontrances de De Jarnac. Mais il semble aujourd’hui que le Second est encore plus remonté contre l’incompétence du jeune homme. « T’es un bon à rien Gentil, arrête de pourrir le pont de mon navire ! », « Qui m’a donné un crétin pareil, saute de ce navire ! Quoi !? Mais non, bougre d’âne, tu crois que tu me servirais à quoi dans l’eau !? ». Bref, le second en a visiblement plein le dos, quand lui vient une idée.
- « Gentil, monte sur la hunette. Je veux savoir si y a des voiles. Ou des sirènes», lance-t-il.
- Monsieur, je viens de descendre, intervient Bucheron avec sa voix grave. Aucune voile à l’horizon. Seulement ces gros nuages gris plein ouest.
- T’occupe, Bucheron, je t’ai pas sonné. Allez Gentil, monte vite avant que la pluie ne tombe vraiment. Qu’est-ce que tu fais Bichon ? Reste où t’es, je veux qu’il monte tout seul.
- Mais Monsieur … tente finalement Gentil, pétrifié.
- QUOI MONSIEUR ? Tu discutes mes ordres, Gentil ? Tu veux qu’on te cogne ?
- Non Monsieur. Très bien Monsieur. Je monte, Monsieur.
- Je préfère ça, morveux. Regardez-moi ça messieurs, un vrai cabri ! »

Mais Gentil n’a rien d’un cabri. Maladroit, sans aucun repère, complètement profane à l’art délicat de gravie une paroi en cordages sans s’arracher les pieds, il n’arrive pas à contenir son terrible vertige. Saisi par la peur, il manque de tomber plusieurs fois, avant de rejoindre un hauban, où il reste pétrifié plusieurs minutes.
Les nuages finissent par gronder alors que l’Espadon continue sa course, et déversent une pluie fine sur l’équipage toujours obnubilé par l’ascension de Gentil. Et alors que les nuages commencent à recouvrir les voiles les plus hautes, Gentil se hisse finalement dans la hunette.

M. Ringuet sonne la manœuvre, et les hommes sécurisent le navire à l’approche  d’un orage possiblement violent. A plusieurs reprises, chacun imagine le sort de ce pauvre garçon recroquevillé à cinquante mètres au-dessus d’eux, balancé par une gîte importante, avec comme seul horizon une pluie battante et des nuages noirs.

Plus que jamais, l’avenir de l’Espadon s’assombrit.


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Re: [En cours]Pavillon Noir - Les 5 Soleils

Message par sppaj / Jo le Jeu 15 Mai - 1:17

Voici les annotations que je donne dans un fichier word envoyé au groupes. Vous y trouverez quelques précisions :
Les maîtres à bord sont le Maitre Charpentier, le Maitre voilier, le Maitre Calfat, ainsi que le Médecin Rémy De Saint Marc. Le cambusier, « La Fouine », est restreint à la salle de chargement et la cale. Le dernier maître est le pilote, mais l’Espadon n’en dispose pas.
Jérémy de Vergnot est un étudiant de l’Académie de Marine de Brest. Son assiduité et ses compétences lui ont ouvert un poste d’aspirant sur L’Espadon, pour lequel il montre bonne volonté et compétence. Son rôle est d’apprendre des plus expérimentés, et servir en tant que le moins gradé des officiers. Ses tâches quotidiennes sont vouées à la navigation, à la surveillance des sabliers et à la transmission des ordres à travers le bord. Il a 10 ans.
Le Canonnier est le Troisième Lieutenant. Il est en charge des ordres de tir sur le navire. Il a la responsabilité de couler les navires ennemis selon les ordres du capitaine. Il définit les caractéristiques des boulets et des différents tirs. Il est le troisième homme du bord après le Capitaine et le Second. Il y a généralement deux maîtres canonniers en situation de combat : un pour chaque bordée. Ils transmettent les ordres de recharge aux chefs de pièce et obéissent aux Canonniers. Ils doivent être avant tout des experts dans l’utilisation des canons, et de très bons meneurs d’homme.
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Re: [En cours]Pavillon Noir - Les 5 Soleils

Message par sppaj / Jo le Ven 6 Juin - 1:56

Compte-Rendu de Pavillon Noir : Les Cinq Soleils

Troisième Séance - Chapitre 1 - Un Espadon sous le Soleil



L’Espadon poursuit sa course au large de La Rochelle. Le récent changement de Capitaine entraine plusieurs changements de comportements au sein de l’équipage. Nos héros, maintenant livrés à eux-mêmes alors qu’ils espéraient le soutien du regretté Capitaine de Clichy, vont être les témoins d’incidents pour le moins surprenant de la part du nouveau Maître du navire…

Joueurs :

Joël – Francis de Vercourt
Gaby – Rémy de Saint Marc
Dom – Ange
Jessica – Eglantine Gauthier
Sylvain – Xabi de Cazauban


1) Vous reprendrez bien un peu de ragout ?

Au matin de ce second jour, la pluie vient épaissir les voiles. Les gros nuages se sont levés, mais plusieurs bourrasques gênent une manœuvre rendue pénible par les pluies de la nuit. Les gabiers sont cloués au sol, se demandant si la hunette contient encore ce crabe de Thierry Gentil, ou si le tangage l’a fait chavirer durant la nuit.
Les différents lieutenant passent en revue leurs hommes et donnent leurs ordres. L’activité principale du jour sera d’installer les canons simplement posés contre les sabords, rendant l’entrepont dangereux si l’un d’eux s’échappe. Mais avant cela, le Capitaine prépare un repas. Les nouveaux commis, Ange et Rémy de St Marc, s’affairent à massacrer d’innocentes pommes de terre en compagnie d’un N’Serengi toujours aussi bavard. Mais dans leur tâche, ils en apprennent un peu plus sur l’infâme odeur qui s’échappait de la viande de la veille. Malgré le discours rassurant du Coq, Rémy fleure l’entourloupe. Après plusieurs investigations, et une rencontre avec le Cambusier dont tout le monde a oublié le nom mais que chacun appelle « La Fouine », les deux hommes trouvent des traces de déchets sur un rebord de l’un des barils : terre, poussière, crace. Les enquêteurs concluent à un empoisonnement volontaire de la viande, mais par qui ?
Suivant l’initiative du Coq et du cambusier, ils décident de prévenir le Second. Celui-ci, seul, inspecte effectivement la cambuse à la recherche de ces preuves. Honorin, le Coq, expliquera ensuite à ses commis que le Second a conclu à une maladresse, une erreur, mais qu’il allait en informer le Capitaine.
Et aucun marin n’entendit plus ce jour-là parler du baril saboté…


2) Mésentente sur le Dessert

De leur côté, Eglantine et Xabi apprennent que le Capitaine prépare un repas, et qu’il requiert cérémonieusement leur présence. Surpris mais sur leur garde, les deux nobliaux se présentent au Capitaine et aux officiers, visiblement ravis de les accueillir à leur côté.
Après une entrée très cordiale, où Mr de Jarnac a proposé du vin de son propre domaine viticole pour délier les langues, Ange vint apporter le lapin. Et alors que le repas avançait, les questions posées aux deux passagers se précisèrent. Elles traitaient particulièrement du dessein qui menait la Dame Jeanne vers le Nouveau Monde, des gens qui avaient mandatés le Roi de France pour une mission d’escorte jusqu’à Saint Domingue, de la nécessité de choisir un navire de guerre pour accompagner la Flute, et surtout : « Pourquoi Diable cette Flute si Importante à la santé de la Couronne était-elle VIDE ? »
Ces questions ne restèrent pas sans réponse. Du moins, il aurait sans doute fallu … Xabi prit les devant pour se décrire non pas comme le serviteur, mais comme le maitre de Mlle Gauthier. Celle-ci passa du statut de jeune fille issue de la bourgeoisie à simple lettrée avec de vagues connaissances en droit. Voici donc le discours un peu diffu proposé par Xabi :



Mon père est le seigneur de notre domaine, à la recherche d’un lointain parent disparu quelque part aux Antilles. Mon père est mort, et c’est ma mère qui a hérité du Domaine. Mon père est mort, et ma mère m’envoie chercher un cousin, un oncle, un lointain parent perdu dans les Caraibes.
Mademoiselle Gauthier est une inconnue. Une amie de la famille. Quelqu’un de très proche. Elle m’accompagne. Mais je l’ai payée. En fait, elle a des contacts dans les Caraïbes susceptibles de retrouver mon … aïeul disparu. Ou plutôt elle m’accompagne pour constituer une affaire intéressante et lucrative dans le Nouveau Monde.
Qui est le mystérieux M. De Chateaumorand qui a demandé la Dame Jeanne et son Escorte au Roi ? Aucune idée, demandez à Eglantine : c’est elle qui s’est chargée du voyage. Non, je ne connais rien aux préparatifs. J’ai laissé Mlle Gauthier se charger de tout.


Contre toute attente, l’exactitude de ces détails n’a pas ébranlé le scepticisme du Capitaine. Ce plan pourtant parfaitement rodé n’a pas complètement plu à Mr de Sailly. Celui-ci a donc décidé, puisqu’il ne pouvait véritablement cerner si les deux passagers étaient des hôtes de marque ou des charlatans, de libérer leurs couchettes et envoyer leur paquetage dans la « cabine » de l’équipage.

Les différents hommes accueillent donc les nouveaux arrivants avec respect, quoi qu’un peu surpris d’accueillir une femme dans les quartiers de deux cent marins. Par convenance, on aménage la salle de garde du médecin avec une couchette convenable pour une dame dans ces circonstances, et tout cela s’organise sans faire de vagues. De toute façon, la concentration des marins se focalisent d’abord sur la tâche de cet après-midi : l’arrangement des canons et leurs nouveaux dirigeants, les deux matelots Colin et De Vercourt. Colin a visiblement du mal à donner plus des ordres à sa bordée, mais ses compétences devant une pièce de dix-huit sont sans égal. L’ancien Canonnier quant à lui n’a aucun mal à diriger ses hommes. Il organise les manœuvres avec prestance et se montre sûr de lui. Heureusement pour ses connaissances en canon, il arrive à déléguer sans se faire remarquer lorsqu’on lui pose des questions trop techniques. Les deux chefs-canonnier se congratulent sous le commandement de M. De Bourg, leur Lieutenant supérieur.


3) 24.

A l’heure du souper, le repas ne s’améliore pas. Les hommes, déjà tendus par une journée harassante dans des conditions climatiques difficiles, sentent l’anxiété monter lorsque le Coq prend du retard pour remplir les gamelles. Parmi les hommes, c’est Bichon le plus impatient. Il ronge son frein, fait les cent pas alors que l’agitation gagne le bord. Et alors que Rémy, Ange, Xabi, De Vercourt, Prigent et Colin se sont rassemblés pour manger ensemble, ils se rendent compte que Bichon s’éclipse au moment précis où le N’Serengi apporte le chaudron qui nourrira les estomacs des colériques. Alors que les hommes se ruent sur le plat du soir, Colin laisse passer Bichon par un sabord. Bichon réapparait pendant que les derniers repas sont servis, non sans avoir au préalable caché dans un coin de la cale le jeune  Thierry Gentil, affaibli et frigorifié , et poussé jérémiades sur jérémiades pour être servi plus que  les autres.

Hélas, la nourriture, moins horrible que la veille mais toujours peu ragoutante met le bord  entier en colère. Celui-ci demande des explications, et Bichon justement, demande au Second qu’on explique cette rumeur de viande avariée qui  se propage à propos du Coq. Les remarques  de Rémy n’y font : Bichon mort de faim demande des explications. Gwen Lossec,  le Quartier Maitre, demande du calme dans l’assemblée. Mais Bichon propose plutôt qu’on fasse comprendre au Coq « ce qui lui en coute de faire mal son travail ». Lossec s’interpose, craignant que la situation ne dégénère si Bichon s’en prend au cuisinier. Mais rien ne résonne le Gabier qui attire Prigent dans sa folie, et lance un coup de poing au visage de Lossec.
C’est à ce moment que l’attention de tous se dirige vers M. De Sailly, qui descendait les marches pour inspecter la cambuse, et aperçoit alors le Quartier-Maitre à terre. Les gardes marines, emmenés par leur chef au chapeau de cosaque, mettent le bord en joug, font s’assoir tous les hommes, et tabassent Prigent et Bichon avant de les mettre au fer.
Il ne faut pas plus de quelques au minutes au capitaine pour convoquer l’équipage sur le pont.
La nuit est tombée sur l’Atlantique. Une nuit sans étoile, où au loin résonne le tonnerre dans ce qui doit être d’épais nuages. Sur l’Espadon, les hommes sont inquiets. Les cinquante gardes marines encadrent l’équipage main au fusil, et regard méprisant. Bichon et Prigent, bastonés bien au-delà de leur crime, sont amenés enchainés devant les hommes.

Le Capitaine, sans introduction, s’adresse à l’équipage.

« J’avais prévenu que toute insubordination serait punie dans la violence. Si vous avez besoin de comprendre cette règle, vous allez devoir mesurer les conséquences de vos actes. Pour s’être attaqué à un Officier de ce navire, je condamne ces deux hommes à vingt-quatre coups de fouet. Mr Ringuet, veuillez vous servir du chat à neuf queues, je vous prie. Et si vous n’appuyez pas vos coups, bosco, vous serez fouettés autant que les coupables. Exécution. »

C’est l’incrédulité qui gagne prime abord les marins. Le chat à neuf queues n’est utilisé que par des turcs ou des anglais, lors d’une trahison, ou à la place d’une pendaison. On n’a plus utilisé cet outil sanguinaire depuis le Moyen Age. Pourtant, il semble que M. De Sailly en transportait un dans ses bagages …
Mais c’est Ringuet le moins confiant. Alors qu’il s’approche des deux condamnés et sent sur lui regard de l’équipage entier, il laisse sort doucement l’objet de son étui, comme avec l’appréhension de se couper. Une fois l’arme au grand jour, tout le monde comprend que ce qui semblait invraisemblable allait effectivement se produire.

Le fouet claque une première fois. Prigent hurle. Au tour de Bichon qui essaie de se retenir.  Le second coup de fouet terrassera chez les deux hommes toute combativité. Puis cinq coups, puis dix. Les chairs sont à vifs, le sang chaud coule sur le plancher. Douze coups. Quinze coups. Prigent supplie qu’on l’aide, alors que des lambeaux de chairs éclaboussent son bourreau. Bichon essaie en vain de se débattre. Les autres hommes horrifiés assistent à un spectacle de sang éclaboussé, de muscles déchirés et de peau qui tombe. Dix-Huit. Vingts coups. Prigent perd connaissance. Au prix d’un effort considérable, Bichon lève la tête vers M. De Sailly, avant de s’effondrer à son tour. Au vingt-cinquième coup, Ringuet fait un pas en arrière. Il est recouvert de sang et de bouts de chair. Son unique bras est maculé d’une viande rouge, presque noire. Il lâche le fouet comme si celui-ci était subitement en flammes. Un garde marine achève les deux condamnés par un seau d’eau salée. Qui n’aura pas le moindre effet sur les deux hommes inconscients.

L’équipage reste silencieux. Le Capitaine rentre dans sa cabine. Le Second sonne le Rompez! Et disperse les hommes.



4) Cheval de Bois

Rares sont ceux qui réussissent à fermer l’œil rapidement. Les hommes de quart sont sensés nettoyer le pont, mais les moins aguerris vomissent. Ange vient donner un coup de main, supporté par de plusieurs autres. Ringuet garde son sérieux mais tout le monde comprend qu’il est sérieusement amoché par ce qu’il vient de faire. Ange s’attaque à son Maître d’Equipage, et frappe là où ça blesse. L’Officier ne se démonte pas, mais personne n’aimerait être dans sa tête…

Au petit matin, Rémy annonce la mort de Prigent, des suites de ses blessures aux reins, principalement. Ange hérite de ses maigres affaires. A l’intérieur d’un petit coffret, un petit cheval de bois que Prigent sculptait dans son temps et qu’il destinait à sa fille.





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Re: [En cours]Pavillon Noir - Les 5 Soleils

Message par sppaj / Jo le Ven 4 Juil - 22:33


Compte-Rendu de Pavillon Noir : Les Cinq Soleils

Quatrième Séance - Chapitre 1 - Un Espadon sous le Soleil



Le large. Aucun signe de vie alentour. L’interminable océan pour seul réconfort après avoir tout quitté. L’Espadon s’engage vers l’inconnu, promesse d’Exotisme et de Nouveauté.  



Joueurs :

Joël – Francis de Vercourt
Gaby – Rémy de Saint Marc
Dom – Ange
Jessica – Eglantine Gauthier
Sylvain – Xabi de Cazauban




1) Si l’Espagne nous était comptée ?


Nous en sommes à presque une semaine de voyage. Sans le savoir à cause des intempéries, l’Espadon longe les côtes françaises. A son bord, le Capitaine De Sailly a fait largement plier le bord, qui obéit au doigt et à l’œil à tout ordre donné par le commandement. En récompense de quoi le Capitaine a grâcement redonné à l’équipage sa complète ration de rhum.

Mais pour faire un bilan sur l’Espadon : l’heure est assez grave : Les officiers ont perdu leur Chef et doivent s’adapter au bon vouloir de De Sailly, tout en ayant perdu plusieurs des leurs, dont De Vercourt. L’équipage accuse le contrecoup d’un commandement bien plus strict qu’à leur habitude, et d’une bordée de tir qui doit se réorganiser entièrement depuis le servant de pièce jusqu’au Maitre Canonnier. Ajoutés à cela la nourriture exécrable, la suspicion constante des officiers vers les deux « passagers », et la privation de rhum à la moindre incartade, les conditions sur l’Espadon deviennent précaires à l’aube d’une traversée de l’Atlantique.

Mais voilà. Depuis quelques années maintenant, la France et l’Espagne ont conclu à des accords de paix et des accords commerciaux qui permettent à chaque nation de s’échanger de l’aide ou des services. C’est ainsi que les marins les plus aguerris se concertent avec le Quartier-Maitre, Gwen Lossec, pour proposer des solutions pacifiques au Capitaine.

C’est ainsi qu’au moment où la vigie, le très barbu David Bucheron, annonce la présence des côtes des Canaries, Lossec fait une annonce au Capitaine. Il demande simplement, au nom de l’équipage, que l’Espadon puisse y faire escale afin de refaire le plein d’une nourriture comestible. La réponse du Capitaine est sans appel : l’Espadon a du retard à rattraper et les circonstances actuelles ne permettent pas au navire de guerre de s’éloigner de sa course.
L’équipage est déçu. Lossec en tête. On cherche les raisons non avouées de cette décision, et les regards se tournent vers les deux passagers…


2) Retour en Cabine pour l’une, frustration pour l’autre.

Monsieur de Bourg, toujours très impatient d’échanger quelques mots avec Eglantine, s’empresse de lui annoncer les nouveaux ordres du Capitaine : Mademoiselle Gauthier est réintégrée dans sa cabine, pour son plus grand plaisir. Elle quitte donc l’espace de travail de Remy de Saint Marc et regagne le gaillard arrière, où le Capitaine peut contrôler ses allers et venues. Xabi, quant à lui, est toujours consigné avec l’équipage.
Xabi justement, reçoit plusieurs messages étranges. Le premier d’entre eux, reçu sur son hamac pendant son sommeil semble menacer la possibilité du basque de protéger Eglantine. Le second de ces messages lui vient de Jérémie de Sitôt. Mr de Sitôt, un Officier auquel on ne pense jamais, est le chef des gardes-marines. De grande carrure quoique discret, il mène ses hommes d’une poigne de fer, et leur interdit tout contact avec l’équipage. En plus de ça, Mr de Sitôt semble être un grand ami de M. de Jarnac avec qui il passe pas mal de temps.
Un jour donc, M. de Sitôt se présente dans le mess de l’équipage, et s’adresse directement à Xabi d’un crochet du droit. Le basque ne se laisse pas faire et riposte, à plusieurs reprises, finissant par faire chuter l’officier. A l’issu de ce duel un peu étrange, Xabi hérite d’un couteau, qu’il semble bien décidé à utiliser rapidement …
Suite à cette altercation, Xabi semble se réveiller d’un long songe : il lance des idées de mutineries, propose qu’on assassine directement les « gêneurs » que constituent les Officiers et le Commandement, et insiste pour faire pleuvoir le sang. Dans les plus brefs délais …


3) La Gravitation Universelle & les réunions secrètes :

La détermination de M. De Jarnac à persécuter Genty porte finalement ses fruits. Ainsi, au bout de quelques jours en haute mer, et après qu’une fine pluie est ait rendu humide l’ensemble des cordages qui retiennent les mâts. Quelques mauvais appuis et une mauvaise prise ont raison de Genty, qui lâche prise et chute vers le sol. Il s’écrase sur le pont supérieur, le visage figé dans un insoutenable rictus de douleur. L’équipage réagit immédiatement, et peine à ne pas se faire maitriser par les gardes marines réactifs. Ceux-ci n’hésitent pas à tirer des coups de feu en l’air pour calmer les marins, qui hurlent à l’incompétence du Capitaine. Parmi eux, plusieurs en viennent à hurler à l’assassin en s’adressant au Capitaine : Erwan Gaboriot et son matelot Hector Raspal d’abord, qui se font immédiatement mettre au fer par les soldats, et Ange dans un second temps, que Ringuet fait immédiatement taire.
Le capitaine se fait immédiatement entendre, et la sentence tombe : les deux hommes sont condamnés à mort.  Sans cérémonie, l’équipage est renvoyé dans ses quartiers, et M. de Sitôt prépare les nœuds coulants : les deux hommes sont entravés puis hissés au grand mât jusqu’à ce que mort s’ensuive. Ils tremblent et se débattent quelques instants avant de s’éteindre, étranglés.

Dans les quartiers de l’équipage, Ringuet remet en place Ange après lui avoir visiblement sauvé la vie. De Vercourt reste à son poste : simple observateur, il tente à plusieurs reprises d’analyser ce que quelques conseils bien placés peuvent influencer quelques pièces maitresses de l’équipage. Rémy cherche des solutions, qu’il ne trouve pas. Il a beau tenter de négocier, ou de chercher des compromis, il ne trouve que des portes closes. La plus improbables de toutes : la nourriture, toujours frelatée, qui ne semble inquiéter personne chez les officiers.
Ange enfin, fait le tour des hommes : il est clair maintenant pour tout le monde que le Capitaine est un incapable, et que sa quête d’autorité met en danger l’équipage.  

Ange, Remy et Bichon (toujours blessé au dos et consigné dans l’étude du médecin) cherchent une solution. Bichon soumet que rien dans ce bord n’est étranger à Gwen Lossec, le Quartier-Maitre. Une fois celui-ci renseigné, une réunion secrète est organisée.  Y sont conviés Rémy, Ange, Gwen et Bucheron. Lossec, que la privation d’alcool semble faire passablement souffrir, annonce que plusieurs poches se sont créées dans l’équipage. Certains hommes ont proposé des actions, de plus ou moins grande envergure. Ange annonce la couleur : les têtes doivent tomber, De Jarnac y compris. Là-dessus, Gwen annonce qu’il se renseignera, mais que l’équipage ne fera pas tomber le second sans de bonnes raisons de le faire. Alors que certains grands mots sont enfin lancés, les hommes se quittent en se promettant d’autres réunions à venir …



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Re: [En cours]Pavillon Noir - Les 5 Soleils

Message par La Fée Noire le Sam 5 Juil - 13:36

Ca va être le moment !! Youpiiiiii !
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Re: [En cours]Pavillon Noir - Les 5 Soleils

Message par sppaj / Jo le Mer 30 Juil - 23:13



Compte-Rendu de Pavillon Noir : Les Cinq Soleils

Cinquième Séance - Chapitre 1 - Un Espadon sous le Soleil



Extrait du Journal de Bord de l’Espadon
15ème Journée de Traversée. Mes hommes obéissent enfin ! Aux quelques infortunés passés par la corde au Grand Mât aux premiers jours de voyage se substituent finalement des hommes gaillards et méritants qui savent reconnaitre un Officier et son autorité. Je vois du bon en eux, si tant est qu’ils cessent leur jérémiade à la moindre correction donnée.
Nul doute que nous finirons par nous entendre, à notre arrivée à Saint Domingue…

Capitaine De Sailly.



Joueurs :



Joël – Francis de Vercourt
Gaby – Rémy de Saint Marc
Dom – Ange
Jessica – Eglantine Gauthier
Sylvain – Xabi de Cazauban



Un Quotidien particulier


L’Espadon vit des jours paisibles. Mais son quotidien devient insupportable. La nourriture, passée de fraiche à séchée, est toujours aussi gâtée. Malgré les inquiétudes de Rémy, la situation que De Jarnac dit contrôler risque de dégénérer. Après les inquiétudes quant au goût, cet épisode malheureux de tonneaux systématiquement sabotés amène pas mal de monde à une non-nutrition grandissante, et un grand nombre de carences alimentaires.
Les hommes s’interrogent : Qui sabote les tonneaux ? Est-ce la Fouine, le cambusier ? Ou un gêneur particulièrement habile qui passe par un hublot pour se glisser insidieusement dans la cale ?  Malgré les recherches d’Ange sur la Fouine, et ses anciennes relations avec un marin du nom de Jean Combu, rien ne fait plier le cambusier, qui reste incorruptible.

De son côté Rémy de Saint Marc, l’infirmer/médecin/dentiste/rebouteux de bord, accueille dans son infirmerie la visite de Jérémy de Citeau, dédaignant et expéditif comme à son accoutumée, accompagné d’un jeune garde marine blessé aux côtes. Sans un mot, De Citeau confit son homme à Rémy, et les deux hommes font connaissance. Ce Jean Louis Garodeau semble jeune et plutôt frêle pour la tâche qui lui incombe, mais après tout, c’est aussi le cas de notre médecin chétif. Les deux hommes font connaissance et en dépit de la distance que Garodeau se force à poser entre un homme d’équipage et un homme de la garde marine. Leur entente est cordiale, et si Garodeau finit par reprendre son poste, Rémy voit en ce jeune homme un nouvel ami, et un contact précieux.
La situation n’évolue pas beaucoup pour notre gascon. Après avoir perdu un doigt lors de ses échauffourées avec de Citeau, Xabi se voit harangué à plusieurs reprises pour son oisiveté et son manque d’activité au sein de l’équipage. C’est finalement N’Serengui, trop las de son travail en cuisine, qui lui demande de prendre sa place. Xabi le prend à la légère. Le commis un peu moins …

L’ordinaire est tout aussi singulier pour Eglantine. Pas vraiment à l’aise dans sa cabine, la demoiselle s’est fait molestée par des rustres qui lui ont pris de force une mèche de cheveux. Sans trop comprendre pourquoi, elle a ensuite été prise à parti par Mr de Bourg, qui tente de la résonner afin qu’elle se confie au Capitaine, ou même à lui. Mais la parisienne ne semble pas se laisser amadouer aussi facilement, et ses entretiens avec le Capitaine ne lui enlèvent rien de son intelligence et sa volonté.

Il semblerait pourtant qu’Eglantine ait fini par se confier. Selon toute vraisemblance, et alors que les officiers ont menacé d’accoster la Dame Jeanne pour comprendre la raison de ses cales vides, Eglantine s’est entretenue avec M. De Vercourt. Un plan semble se dessiner, et au centre de celui-ci, la rumeur d’une forte rémunération. A-t-elle choisi la personne la plus avisée pour parler de tout cela ? Les jours à suivre détermineront la valeur de ses renseignements, et la fiabilité de l’officier déchu …

Conseillé par Bichon, qui reprend peu à peu ses forces dans l’infirmerie, épaulé par David Bucheron et motivé par le très franc Gwen Lossec, Ange poursuit ses investigations. Il a devant lui plusieurs objectifs qui lui semblent (dommage pour un bon chef de pièce) hors de toute portée : il devra d’abord organiser la pêche à bord, puis récupérer de quoi satisfaire les hommes en cette période de disette. Enfin, si personne ne le rejoint dans sa volonté de renverser le pouvoir, il devra se plier, lui et ses sympathisants, au choix de la majorité.

Alors que nous arriverons bientôt au milieu de cette traversée, chacun va devoir prendre part pour une situation ou une autre. Prendre parti pour la cause lancée par l’impétueux et le glorieux M. de Clichy, ou embrasser la voie de ceux qui auront préféré à la rigueur de M. de Sailly la promesse d’un saut dans le vide, rattrapé par un nœud coulant, voilà qui attend chacun de nos héros.

A la manière d’Ange, affronteront-ils une adversité perdue d’avance pour un seul homme ? Comme le souhaiterait Rémy, négocieront-ils  le prix de leur liberté ? Survivront-ils à l’idée opportuniste de De Vercourt de ne se ranger que du côté des vainqueurs ?  Ou se laisseront-ils simplement malmener comme Xabi, en  espérant trouver un jour le moyen d’utiliser ce satané couteau ?
Aucun de ses hommes ne semble connaitre la réponse. Sur le pont de l’Espadon, le regard plongé dans l’infinité de l’océan, et l’esprit focalisé sur ses objectifs, Eglantine caresse la petite clé d’argent pendue au bout de son collier.



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Re: [En cours]Pavillon Noir - Les 5 Soleils

Message par La Fée Noire le Sam 2 Aoû - 9:46

Pensée d'Eglantine :

"Je ne peux me battre seule. Il me faut faire confiance. Quelle idée j'ai eu ? Il m'en coutera c'est sur."
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Re: [En cours]Pavillon Noir - Les 5 Soleils

Message par sppaj / Jo le Sam 6 Sep - 0:32

Compte-Rendu de Pavillon Noir : Les Cinq Soleils

Chapitre Un : Un Espadon sous le Soleil
(Promis, on finira ce chapitre un jour !)


"Tous ces jours passeront ; ils passeront en foule
Sur la face des mers, sur la face des monts,
Sur les fleuves d'argent, sur les forêts où roule
Comme un hymne confus des morts que nous aimons."

Victor Hugo, Les Feuilles d’Automne


Joueurs :

Joël – Francis de Vercourt
Gaby – Rémy de Saint Marc (Absent)
Dom – Ange
Jessica – Eglantine Gauthier
Sylvain – Xabi de Cazauban






1) Premières Prises !

Au petit matin du 17ème jour, Ange est sommé par Gwen Lossec et David Bûcheron de s’occuper de la pèche. Effectivement, les hommes et le matériel ont été réunis, il ne manque qu’une personne capable d’organiser les tours de pêche parmi les différents volontaires. Parmi ceux-là, Lionel Pernot  (marin connu pour sa fierté d’arborer une superbe moustache) et Raymond Lecas (un vieux servant de pièce/charpentier très bon ami de Colin, notamment), se proposent pour seconder Ange dans ce domaine. Parmi les bonnes âmes très motivées à l’idée de pêcher se distingue Xabi, qui s’engage au tour de pèche du lendemain matin.
Les lignes sont installées, les premières prises se font dans la matinée, sous les hourras de tous les marins.

Dans l’Entrepont, c’est le remue-ménage. Ringuet sonne l’inspection du bord, une manœuvre de rigueur lorsqu’on atteint environ la moitié de ce très long trajet.
Les canons sont amarrés sur chaque côté par leurs servants de pièce, et chacun est renvoyé sur le pont avec ses affaires personnelles. Pendant ce temps, on débarrasse ce grand espace fermé de ses hamacs puants, et on débarrasse sommairement le plancher de ce qui pouvait causer ces odeurs nauséabondes qui s’étaient invitées dans l’endroit, alors rempli d’hommes au labeur du soir au matin …
Le reste de la matinée permet surtout à chaque canonnier de rejoindre son poste d’intendance : Sous la houlette d’un des maitres (calfats, canonnier ou charpentier), les hommes œuvrent aux réparations standards du navire. Ange en profite pour faire connaissance avec le colossal Michel « Bras d’Acier »Gendron, charpentier, et l’interroger sur la situation actuelle vis-à-vis du Capitaine. Xabi, très certainement levé du bon pied, se propose comme assistant du très détestable car très odieux Maitre Calfat Maxime « La Trogne » Verger, qui lui fait faire un travail fastidieux, pour lequel Xabi échoue maladroitement. Mais cet échec n’ébranle pas pour autant notre fier mousquetaire qui s’engage à rattraper ses erreurs dès le matin suivant.



2) D’amour et d’eau salée

Sur le pont, c’est une autre histoire. C’est un M. de Bourg en tenue de cérémonie (épaulettes, galons, médailles et bottes cirées) et tout sourire qui attend Eglantine à son lever. La raison de cet accoutrement ne se fait pas languir (contrairement à la jeune demoiselle), et Eglantine découvre à la proue du navire une table nappée, des couverts en argent et des verres en cristal. Le cognac De Jarnac vin est débouché et servi, avant que M. de Bourg n’annonce que le repas sera confectionné par son collaborateur et ami M. de Bergnot.  Eglantine, surprise, a du mal à reprendre le contrôle de la conversation, et se fait délicatement asseoir par ce galant homme aux bonnes manières.
L’entrée est servie et le jeune homme « passe à table ». « Mariage …  Rencontrer vos parents … Officialiser notre union … S’établir en colons … Fonder une famille dans une plantation … » Autant dire que pour Eglantine, qui a l’impression de partager son corset avec une partie de l’équipage, l’addition va être salée. Toujours éberluée par les paroles de l’officier, qui semble avoir tout planifié, elle peine à trouver ses mots.
Le repas se poursuit, et Julien de Bourg, droit dans ses bottes, va jusqu’à proposer que le Capitaine de Sailly approuve cette union et la recommande à l’abbé de Saint Domingue dès leur arrivée. Eglantine se doit de réagir, tourne autour du pot, fait miroiter monts et merveilles à l’officier, et annonce finalement son refus. M. De Bourg, véritablement ébranlé, tâche de ne pas perdre la face devant ses hommes. Il raccompagne Eglantine jusqu’à ses quartiers, mais parait blessé. Déçu, brisé, le jeune homme donne désormais du « Mlle Gauthier » et retrouve le sérieux et l’attitude en retrait de ses premiers jours à bord.


3) Accord à l’amiable :


Une fois libéré de ses obligations en matière de sureté concernant les canons, De Vercourt prend une pause bien méritée. Mais le regard d’un officier sait repérer les petites erreurs d’attention qu’un marin ne pourrait déceler dans une foule, et De Vercourt sursaute lorsqu’il surprend un Garde Marine sans arme à la sortie de l’infirmerie… Aussi curieux qu’inquisiteur face à cet évènement, il s’en inquiète auprès de Rémy, qui lui demande de convoquer Ange.
Les trois hommes se réunissent en privé, et Rémy leur montre deux pistolets, cachés parmi ses « affaires » de médecin. Seulement voilà, l’infirmier se montre particulièrement anxieux lorsqu’il leur révèle avoir reçu au matin la visite d’un garde marine dont il avait eu à s’occuper les jours précédents. Selon Rémy, ce Jean Louis Garrodo, parfois gardien de la salle d’armes, en a par-dessus la casaque de son poste, et aimerait beaucoup se voir profiter d’une vie « moins leste » (ce sont ses mots) non loin des plages de sables blancs et des indiennes peu farouches. En guise de bonne fois, il s’est engagé auprès de Rémy à lui fournir une arme par jour, à la condition qu’il fasse partie du « bon camp lorsque le vent tournera ».

4) Yo ! Ho! Et une bouteille de rhum !


Au moment où tout le monde l’attendait, il s’avère que Xabi s’est tout de même un peu défilé. La pièce "Allons chercher du rhum » qui devait être jouée le soir voit ses principaux protagonistes échangés dans leurs rôle. Effectivement, c’est finalement Ange qui va jouer à vie à descendre dans la cambuse, pendant que Xabi va faire le guet.
Quoi qu’il en soit l’opération fonctionne. Xabi distrait convenablement deux gardes alors qu’Ange se faufile dans la calle pour y trouver le précieux trésor que le Capitaine refuse à l’équipage. Mais tout juste extrait de ce trou croupi, Ange revient avec de graves nouvelles concernant une discussion entre La Fouine, le cambusier boiteux, et un mystérieux marin. Voici que qu’Ange rapporte à De Vercourt et Rémy
La Fouine : « Le médecin de bord pose trop de questions. Il faut qu’on arrête. Dites à De Jarnac que je ne peux plus continuer. »
Le mystérieux Marin : « Ecoute, on s’en tient au plan. Je vais voir ce que je peux faire mais pour le moment tu la boucles, et on continue comme prévu. »

Au soit du 17ème jour, les hommes se partagent enfin un peu de poisson, promesse d’un avenir moins sombre.  Gwen se voit offrir dans la nuit un verre de rhum de la part d’Ange, et un clin d’œil complice.


5) Rendez-vous manqués


Le matin suivant, M. De Bourg est toujours aussi distant avec son ex-ancienne promise, qui tente de rassembler les pots cassés mais qui ne semble pas atteindre son but.
Sur le gaillard arrière, c’est l’effervescence. Pourtant, les deux nouveaux pécheurs, Xabi de Cazauban et N’Serengi, se regardent dans le blanc des yeux sans trop savoir quoi faire de ce bout de bois et ce que l’on appelle une ligne. L’africain de souche abandonne le premier, et détourne l’attention avec une histoire de son cru. Celle-ci rappelle finalement à Xabi qu’il a raté son  rendez-vous avec le calfat, qui bout d’impatience de s’en prendre une nouvelle fois au basque…
Le reste de la journée s’avère assez calme. De Vercourt et Ange comprennent que N’Serengi, alors en cuisine, a eu tout loisir d’apercevoir le fameux marin conversant avec La Fouine et le confrontent. Celui-ci leur annonce qu’il se réserve le droit de tuer le fautif, et qu’il ne révèlera pas son identité. Lorsque De Vercourt lui demande pourquoi il tient tant à ce que tout le monde « agisse », N’Serengi répond que c’est son meilleur moyen pour connaitre les gens, et les manipuler. Il s’entête ensuite et ne révèle rien du mystérieux « Traitre à la cause ».

La soirée est l’occasion pour Gwen Lossec de convoquer plusieurs marins lors d’une nouvelle réunion dans la salle des ancres.  On y célèbre une fois de plus les pêcheurs et ceux qui ont pris l’initiative de les organiser. Ange y fait un discours léger, et félicite humblement l’esprit collectif qui a permis à tous les hommes de manger (enfin) correctement. Alors qu’il va rejoindre l’ensemble du quart dans la grande pièce, les hommes découvrent un dernier cadeau de la part du chef de pièce : un seau rempli de rhum, et une louche pour le partager entre les hommes, dans le plus grand secret ...

6) Une nouvelle ère ?


Il semble de plus en plus que le changement soit en train de s’opérer à bord. Une bonne partie du voyage est maintenant derrière eux, et les esprits s’échauffent. Canaliser tous ces hommes vers une but commun ne va pas être une tâche des plus faciles, et seuls Ange (et Xabi) ont pour l’instant marqué l’équipage par leurs actions.
Rien ne désigne l’issue des actions qui suivront cette première victoire, mais une chose est sûre : il y aura un jugement. Et à ce moment-là, l’équipage jugera chaque marin selon le camp auquel il aura appartenu ...





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Re: [En cours]Pavillon Noir - Les 5 Soleils

Message par sppaj / Jo le Dim 19 Oct - 1:02

Compte-Rendu de Pavillon Noir : Les Cinq Soleils

Septième Séance - Chapitre 1 - Un Espadon sous le Soleil

« Ce n’est pas la révolte
en elle-même qui est noble,
Mais ce qu’elle exige. »

Albert Camus.


Joueurs :

Joël – Francis de Vercourt
Gaby – Rémy de Saint Marc (Absent)
Dom – Ange
Jessica – Eglantine Gauthier
Sylvain – Xabi de Cazauban


1) Premières Prises !


La pêche porte ses fruits, et les hommes au 18ème jour de leur traversée ont enfin un vrai repas constitué essentiellement de thon rouge, puisque pas moins de deux de ces poissons se sont laissés aller à gouter les lignes de nos marins à l’affût.
Rémy commence cette journée avec un Bichon un peu plus vaillant qu’à l’accoutumé : le marin blessé se tient maintenant debout. Et hélas pour notre marin, les quatre armes à feu dont il dispose le handicapent dans l’organisation maniaque qu’il a de son petit espace. Il convoque donc Ange et De Vercourt, et leur demande de trouver une solution pour déplacer ces armes vers un endroit moins exposé.
Xabi va bon train avec le maitre-calfat, pourtant peu enclin à faire ami-ami avec des passagers. En effet, le maître de l’étanchéité du navire semble souffrir d’une faim plutôt atroce, et qui le rend plutôt invivable avec le reste de l’équipage.

Ange est à l’affut. Satisfait des hommes qu’il a pu séduire grâce à un peu de rhum et l’organisation de la pêche, le chef de pièce ne s’arrête pas sur ces premières victoires. Son objectif : le traitre, le fameux marin de connivence avec le cambusier (la Fouine), et le second. Heureusement pour le jeune homme, N’Serengi viendra mettre fin à cette attente après le repas du soir. Personne n’assiste à la scène, mais Ange annonce aux autres conspirateurs la mort de Jean Combu, responsable de la nourriture saccagée, et complice de La Fouine pour le compte du Second : Monsieur de Jarnac. Une victoire de plus pour le canonnier aux dents longues…


2) La Chasse-Partie :


Au soir du 18ème jour, alors que les hommes laissent filtrer la rumeur comme quoi certains d’entre eux se préparent à agir contre le pouvoir en place, et ramener dans les rangs des marins plus de liberté, et une justice plus équitable que celle de M. de Sailly, Gwen Lossec convoque à nouveau un conseil restreint. Y sont présents le Quartier Maitre, les 5 Maitres (Maitre Chapentier, Maitre Calfat, Maitre Voilier, Coq et Médecin de bord), les deux sous-officiers (Francis de Vercourt et Gérard Colin), le responsable des gabiers (Bichon), et des personnalités importantes et influentes dans leur bordée : Ange, N’Serengi, David Bucheron, et les deux responsables de la pêche. De Vercourt invite Eglantine et Xabi à rejoindre ce conclave.
Lossec, connu pour sa franchise et son dévouement envers l’équipage, y va franc-jeu : l’idée de se mutiner gagne l’équipage, et cette solution devient une alternative crédible. Mais dans cette entreprise, il veut connaitre les responsables, qui chercheront à convaincre les hommes du bord de rejoindre cette initiative ô combien dangereuse.

A partir de cet instant, on distinguera dans l’équipage les marins fidèles, des mutins révolutionnaires. D’un côté, certains hommes refuseront d’épouser une cause qu’ils jugeront perdue d’avance, ou contraire à leurs vœux de marin. De l’autre, des révoltés s’extrairont des rangs pour s’opposer au régime dictatorial, et embrasseront la vie de pirates pourchassés et condamnés à la potence …
Deux choses importantes arrivent à convaincre le bord. Tout d’abord, les allégations d’Ange et les preuves qu’il amène concernant les entourloupes de De Jarnac vis-à-vis de l’équipage. Et dans un second temps l’accession possible à une grande richesse, grâce à Mlle Gauthier …

A l’issue de cet entretien, où chacun émet ses réserves ou ses intentions vis-à-vis de cette révolte, Gwen Lossec demande à chacun de répondre à une question simple : « Allez-vous prendre part à la mutinerie à l’encontre du Capitaine ? », et noter leur réponse sur une Chasse-Partie. La Chasse-Partie est un document important qui va  énormément jouer dans la résolution de la mutinerie, si celle-ci éclate. En cas de victoire, les mutins sauront faire la différence entre les pleutres et les opportunistes. En cas de défaite, les officiers de l’Espadon pendront les signataires, et jugeront les autres partisans.

Gwen Lossec signe la Casse-Partie et y engage ses 38 hommes.
Les 3 Maitres émettent encore quelques réserves.
N’Serengi signe la Casse-Partie et s’engage au nom d’un groupe de marins partisans.
Gérard Colin ne signe pas la Chasse-Partie, faute d’une tactique crédible.
Bichon signe la Casse-Partie mais ne peut y engager ses hommes.
Honorin Dessicard, le Coq, signe la Casse-Partie et y engage 10 hommes.
David Bucheron signe la Casse-Partie et y engage 5 hommes.
L’approvision de Rhum fera signer 28 hommes supplémentaires.
L’organisation de la pêche rallie 21 hommes supplémentaires.

Enfin, au moment de la signature, Jean François Ringuet fait connaitre sa présence. L’officier en poste, troisième dans la chaine de Commandement, met le doute quant à son implication dans cette entreprise périlleuse. Mais il finit par signer la Chasse-Partie et tâchera dans la mesure du possible de convaincre ses hommes.


Au final, plus d’une centaine d’hommes du bord rejoindront la Mutinerie dans les prochains jours. Nos révoltés ont rallié des hommes à leur cause. Encore faut-il maintenant s’assurer d’être les plus nombreux et de disposer du meilleur plan possible…


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Dernière édition par sppaj le Dim 19 Oct - 1:04, édité 2 fois
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Re: [En cours]Pavillon Noir - Les 5 Soleils

Message par sppaj / Jo le Dim 19 Oct - 1:03

Compte-Rendu de Pavillon Noir : Les Cinq Soleils

Huitième Séance - Chapitre 1 - Un Espadon sous le Soleil


Cette séance ayant eue lieu sans Jessica, je ne révèlerai son contenu qu'à la fin de la séance 9. Vous pouvez par contre lire le résumé de la séance 7, que je viens de publier au dessus de ce post.
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Re: [En cours]Pavillon Noir - Les 5 Soleils

Message par sppaj / Jo le Mar 24 Fév - 1:12


Compte-Rendu de Pavillon Noir : Les Cinq Soleils

Séances 8 à 10 - Chapitre 1 - Un Espadon sous le Soleil

« Ad augusta, per angusta »
À de glorieux résultats par des voies étroites.
Proverbe latin.

Joueurs :

Joël – Francis de Vercourt
Gaby – Rémy de Saint Marc (Absent)
Dom – Ange
Jessica – Eglantine Gauthier
Sylvain – Xabi de Cazauban



1) L’œil de la tempête

Nous voici au deux tiers du voyage. Forcés de poursuivre leur route sous une tempête de tous les diables, les marins de l’Espadon tiennent bon sous le gite et la pluie battante, alors que leurs officiers les commandes à plus de hardiesse dans la tourmente. Dans l’entrepont, la promiscuité et l’humidité rendent les conditions de vie difficilement supportables. Les hommes vomissent, tombent, et partages des lieux communs bien trop étroits pour ces 300 hommes. Parmi eux, Ange, De Vercourt et le reste des rebelles cherchent à rallier à leur petit nombre le plus possible de marins. Avec le Nouveau Monde qui se rapproche, l’évidence apparait : ceux qu’ils n’arriveront pas à convaincre seront un obstacle de plus pour atteindre leur objectif.

Pour le moment, il reste des postes clés à convaincre :
 Les Maîtres demandent des preuves de l’implication du Second dans les conditions désastreuses du navire, et trouver qui a avarié la nourriture.
 Ringuet s’est engagé sur les hommes en poste sur le pont, mais n’arrive pourtant pas à les convaincre.
 Les canonniers se sont ralliés derrière Colin d’une part qui reproche aux mutins leur absence de stratégie, mais aussi derrière Jocelyn Blème, Chef de Pièce, qui reproche à cette révolte de servir de faire valoir à un hérétique d’huguenot que ni Dieu ni le Roy de France ne tolèrent sur ce navire : Francis de Vercourt.
 Les Gabiers, en l’absence de leur mascotte, Bichon, semblent s’être soumis au commandement d’un certain Préchard. Celui-ci, ancien assassin libéré et rallié à la conscription, prépare les monte-en-l’air à une répression franche et directe de toute rébellion.

De son côté, Eglantine est soumise à la bonne volonté du Capitaine, qui lui intime de se tenir à sa seule cabine pour le reste du voyage. Fort heureusement, la relation d’Eglantine avec M. De Bourg devient plus amicale, malgré la conclusion assez désastreuse de la précédente demande en mariage...




2) Le Tribunal & le Jugement :


Une mutinerie n’est ni une mince affaire, ni un acte à prendre à la légère. Des marins du Roi qui se mutinent sont destinés à la pendaison, aussi bonnes soient leurs intentions. Aussi une telle mesure nécessite de s’organiser correctement avant le départ de la mutinerie pour savoir quelles règles vont être établies, qui devra mourir, qui pourra vivre, et quelle marge sera donnée aux lâches.

Après concertation des membres actifs de cette mutinerie, et où les présentations d’usage des termes et causes de la Mutinerie en elle-même, voici le Jugement qui a été rendu et signé par tous les signataires concernant les statuts de l’Etat-major, des partisans à la piraterie, des pleutres et des réfractaires :




Capitaine De Sailly                                La Mort
Second De Jarnac                                 La Mort
Maitre d’Equipage M. De Ringuet              Se joint à la Révolte.
Second Lieutenant Mr de Bourg               La Mort
Enseigne Mr De Bergnot                         La Mort
Sergent M. De Citeau                            La Mort
Eglantine Gauthier et Xabi de Cazauban   Se joignent à la Révolte.
Membres des Gardes-Marines                 La Mort
Marins ne participant pas à la révolte      Le Débarquement
Membres de la Dame Jeanne                  A décider selon le déroulement de la mutinerie.





3) Les Préparatifs entamés par chaque Camp :

A quelques jours de leur arrivée, les marins sentent que le vent tourne. A l’extérieur déjà, le temps change enfin d’humeur et l’Espadon sort de la tempête. Les intempéries et la gîte laissent place à une mer d’huile, turquoise et cristalline. Chacun de réjouit à l’idée de troquer contre la promiscuité du bord la saveur enivrante d’un grog, les pieds plantés dans le sable à l’ombre d’un palmier.
Le capitaine se réveille de la torpeur qui s’est abattue sur l’équipage, et ordonne qu’on prépare le navire à son arrivée dans le Nouveau Monde. Parmi ses premiers commandements, il ordonne à Mr De Vercourt de faire l’inventaire des canons de pont et de chasse. Après un rapide inventaire, l’ancien officier se rend compte que 2 pièces manquent. Deux pierriers à piston, destinés à être cloués au bastingage et servir de canon d’appoint, lors d’un abordage ou contre des vaisseaux trop manœuvrables. Alors qu’ils devraient se trouver à leur place aux abords du gaillard arrière, ils ont été réquisitionnés par M. De Jarnac et entreposés dans la salle d’armes, cloués à la table comme pour ne jamais s’en défaire.
Plus tard dans la matinée, De Jarnac passe à l’offensive. Il confie à De Vercourt le soin d’inspecter la Dame Jeanne, alors postée bord à bord contre l’Espadon. Son Objectif : trouver la raison de l’organisation de ce voyage. De Vercourt s’exécute, rallie quelques hommes de confiance et inspecte, non sans chaperons garde marine, le navire escorté. A son bord, des cales vides, des hommes d’équipage trop souriants pour être honnêtes, un mystérieux vieillard malade, et des injonctions peu engageantes pour un équipage recruté pour mener une mission pour le Roi. Qu’à cela ne tienne, De Vercourt et ses hommes repartent bredouille à leurs affaires sur l’Espadon.
Pendant ce temps, Ange est apostrophé par N’Serengi. Il se rend rapidement compte que l’africain ne vient pas lui raconter ses vieilles histoires comme il le fait au reste de l’équipage. Les deux hommes ont conclu un accord, et il semble que N’Serengi ait choisi ce moment pour remplir sa part du marché. Effectivement, il manque encore à Ange et les autres rebelles du navire le fameux lien qui relie les ordres de De Jarnac aux sabotages de viande de la Fouine. N’Serengi désigne au jeune chef de pièce, la silhouette qu’il avait auparavant vu trainer autour de la cambuse, et lui laisse cinq minutes avant de passer à l’acte.
Les deux hommes se précipitent alors sur l’homme de pont, Combu, qu’Ange avait déjà interrogé par le passé. Un passage à tabac et quelques questions plus tard, Combu crache sang et aveux : De Jarnac tenait la Fouine avec la promesse de le débarquer rapidement voir sa femme en France, et avait obtenu du cambusier de frelater  les vivres du navire pendant la traversée. Combu implora qu’on lui laisse la vie sauve, mais on n’enlève pas à N’Serengi une opportunité de revanche...





4) Fin du Voyage, Départ de flamme.

Ces  aveux recueillis, Ange peut dorénavant s’enquérir de la signature des maîtres. Devant l’évidence de l’incompétence de leurs officiers, les hommes sont ragaillardis. La pèche et le rhum ne font qu’accentuer leur motivation. Pourtant plusieurs paramètres majeurs les empêchent encore d’être véritablement en surnombre :

- Les Garde marines doublent leurs rondes, et doivent rendre des comptes sur leurs rondes toutes les demi-heures. Leur temps de repos est divisé drastiquement, alors que se multiplient les ordres stricts de De Citeau leur Sergent.
- Lors d’un passage sur le pont, Ange et Bichon, partis recruter les gabiers du bord, se rendent rapidement compte de la nouvelle allégeance de ces derniers avec les officiers. En effet, Bichon pointe du doigt plusieurs sacs particulièrement inhabituels dans les haubans et qui pourraient contenir des sabres. Bichon confirme aussi la présence de Préchard, ancien meurtrier passé conscrit grâce à De Clichy, en tant que nouveau représentant des gabiers, depuis les sévices subis par Bichon et son long passage à l’infirmerie. Il ne fait aucun doute que Préchard s’est vu confié une récompense conséquente de la part de De Jarnac s’il parvient à conscrire la mutinerie sitôt qu’elle éclate.
- Jean-François Ringuet, bien que partisan à la révolte, n’arrive pas à s’assurer le complet soutien de ses troupes. D’une part parce que le maitre-voilier a décidé de quitter son poste. D’autre part parce que le navire ne dispose pas de Pilote. Et qu’en l’absence d’une bonne connaissance des fonds dans les Antilles, les marins auront l’impression de naviguer dans un orage, et seront d’autant plus vulnérables aux représailles.
- Enfin, Colin et ses hommes refusent d’ajouter leurs signatures à la chasse-partie. L’un de ceux-là, Jocelyn Blême, ancien prêcheur de l’église, s’oppose à ce qu’un vulgaire Huguenot (Francis de Vercourt) mène la révolte et s’en approprie le commandement. Le vieux Colin, lui, refuse simplement d’imposer à ses hommes un combat mal préparé.

Les membres de la révolte auraient aimé avoir plus de temps pour leurs préparatifs. Attribuer une place stratégique à chacun pour mener l’offensive. Hélas, au matin du 28 Juin 1718, David Bûcheron, posté haut sur la vigie, voit le brouillard se lever, et aperçoit loin à l’Est des volatiles pêcher non loin d’un banc de sable. Il ne lui faut que quelques instants pour apercevoir les silhouettes lointaines des îles du nouveau monde surgir de l’horizon : « Terre en vue, Mon Capitaine ! »




5) La Mutinerie.

La mutinerie a donc éclaté le 28 Juin 1718. Personne ne sait vraiment qui a lancé les hostilités, mais on sait déjà que le premier coup a été tiré en début d’après-midi à quelques pas de la Sainte Barbe du Navire. Un garde marine, certainement alerté par les ordres de M. De Jarnac, a tenté de faire feu sur le Maitre Canonnier, Francis de Vercourt et l’un des passagers, Xabi de Cazauban. Heureusement pour la difficile tâche qu’il leur restait à accomplir, les deux hommes purent facilement maitriser m’homme d’arme et s’introduire dans la réserve de poudre pour y rassembler des munitions.
Mais le commandement, sur le qui-vive, ne comptait pas pour autant se laisser faire de la sorte. Le branle-bas de combat fut immédiatement lancé en réaction au premier coup de feu, et les garde marines se mobilisèrent, pistolet chargé à la ceinture, mousquet à  baïonnette en la main, et sabre dans son fourreau, prêt à en découdre.
Une première escouade, menée par le Sergent de Citeau, fondit sur les hommes encore en repos dans leurs hamacs en vociférant des ordres de soumission et de calme. Et alors que les gardes marines commençaient à prendre l’ascendant sur les marins impressionnés, c’est Gwen Lossec, dit « Boit Sans Soif », qui partit à l’assaut contre les assaillants. Aidé d’une dizaine d’hommes, armé d’un vulgaire surin et mû par la férocité d’un lion, il fonça sans hésiter contre De Citeau, lui assénant coup sur coups au niveau des côtes. Les gardes marines réagirent aussi vite que les mutins, et tous se ruèrent dans un même pugilat. Les coups de feu et l’entrechoquement des lames entamèrent cette sanglante bataille.

L’entrepont devint rapidement un siège, où les gardes marine tentaient de confiner une grande partie des mutins pendant qu’une autre escouade de tireurs, accompagnés des gabiers ralliés à la cause du Capitaine,  s’occupait des mutins restés sur le pont.
La galerie qui relie le pont à l’entrepont devint le théâtre de morts sanglantes. Les cadavres s’empilaient dans l’escalier duquel s’échappaient les lamentations des blessés agonisants.

C’est alors que revinrent Xabi et De Vercourt, grenades sous le bras. C’est à l’aide de ces armes explosives qu’ils purent se frayer un chemin à travers la première ligne ennemie pour rejoindre le pont.




6) Une Première Victoire décisive.

Hélas, le pont n’avait pas été aussi facile à défendre que l’entrepont et la cale. Seul devant le grand mât, Ringuet avait perdu presque tous ses hommes contre les gabiers. Ces derniers dominaient le combat grâce aux manœuvres qui les aidaient à se déplacer rapidement et sans heurt sur le pont maculé de sang. Seul le fouet de Ringuet arrivait à les maintenir à distance. Mais pour encore combien de temps ?

Les mutins durent prendre des décisions rapidement. De Vercourt prit les devants et, encore en possession de quelques bombes de poudre, les répartît entre plusieurs commandants. Ange et Gwen Lossec s’en servirent pour débarrasser le pont des derniers gabiers, et porter secours au Maitre d’Equipage à moitié mort au pied du Grand Mât.
Rémi ne savait plus où donner de la tête. Et alors qu’il hésitait encore entre prendre part à la bataille et user de son art sur les mourants, il fut pris de cours par des occupants dans son propre atelier. En effet, l’infirmerie s’est rapidement vue confisquée par certains servants de canon un peu couards que l’infirmier en chef dût faire sortir sous la menace de son arme.

De son côté,  Eglantine fut (fort heureusement) protégée des assauts des mutins sous la garde de M. De Bourg. Le jeune homme, empli d’honneur, garda sous ses coups d’épée la chambre de sa promise. Il se tint droit et fier devant la porte sans qu’aucun mutin ne passe sa garde et sa parade. Hélas, le bellâtre reçut d’un ennemi aussi improbable que redoutable, un coup de crosse sur la nuque qui lui fit perdre connaissance...

Il était maintenant l’heure pour De Vercourt, N’Serengui et les différents maitres de s’attaquer au gaillard arrière où se terraient les officiers et les garde marines restant. Mais pour cela, il fallait passer  les canons de fortune installés dans la salle d’arme, et les mousquets en joug qui attendaient les mutins.

Le bilan était lourd, dans les deux camps. Mais les mutins ne pouvaient risquer une attaque frontale contre ces pierriers dévastateurs.
La solution vint de l’Entrepont. Alors qu’on n’y comptait jusque-là que des  blessés et des couards, c’est Colin, pourtant annoncé comme opposé à la mutinerie, qui apporta la bonne nouvelle : lui et ses hommes avaient eu le temps de déplacer un canon, un seul, et le soulever assez pour pouvoir effectuer un tir contre le gaillard arrière et la salle d’armes.




7) Un Dénouement inattendu

De Vercourt et Lossec entamèrent les négociations avec De Jarnac, reclus dans la salle d’armes. De leur côté, De Vercourt avait pour lui la certitude de pouvoir se défaire de son adversaire, quitte à parier une grande partie de son gaillard arrière sur un coup de canon. De Jarnac, lui,avait quelques atouts dans sa manche :
- D’abord, de solides compétences de navigation, ainsi que les cartes et les journaux du bord du navire. La présence d’un pilote semble indispensable pour affronter les différents pièges naturels que représentent les îles des Antilles.
- Ensuite, la présence du jeune Enseigne De Bergnot, caché dans la Sainte Barbe et prêt à y mettre le feu si son Supérieur le lui commande, qu’il ne dévoilera qu’en dernier recours.
- Enfin, une dimension humaniste sans doute un peu exagérée : De Jarnac consent à se rendre si ses hommes sont épargnés. De Jarnac se présente même comme l’instigateur de la mutinerie, qui a débarrassé le bord de la présence du Capitaine (en l’égorgeant au lancement de la mutinerie), et qui est prêt à se faire Capitaine de ce nouvel équipage de pirates.

Contre toute attente (sisi, je vous l’assure), De Vercourt céda devant les arguments du Second, et s’opposa à sa mise à mort. Selon le représentant des mutins, aucune décision ne pouvait être prise sur le moment et aucune solution viable ne s’offrait pour résoudre ce conflit. A la surprise générale, il fut convenu que De Jarnac serait mis aux fers en attendant que des décisions soient prises de façon plus prosaïque.
Les minutes qui s’écoulaient laissèrent place à l’horreur et la résignation. Les vainqueurs sortirent de l’infirmerie ceux parmi eux qui ne verraient pas le lendemain, et prièrent pour leurs blessés. Le bilan fut lourd. Mais la mutinerie était une victoire.





8 ) A l’impromptu

A peine eurent-ils le temps de s’occuper des blessés, réorganiser la chaine de commandement, et donner leurs premiers ordres, que nos nouveaux pirates durent affronter un nouvel adversaire. Quelques heures à peine après avoir annoncé la présence avoisinante des terres du Nouveau Monde, David Bucheron, de sa voix grave et puissante, hurle à son commandement : « Voile en vue ! Goélette à Hunier. Toutes voiles dehors. Fort tirant d’eau. Un Pavillon, Français, et d’autres, probablement des Antilles ».
En l’état, impossible de préparer une canonnade : l’entrepont était maculé de soldats tombés au combat. De Vercourt sonna tout de même le branle-bas de combat, et demanda le plus de discrétion possible à ses hommes. Le capitaine relut une dernière fois les ordres de mission confiés à De Clichy par l’Amiral d’Esprée, quelques semaines plus tôt : « Livrer la cargaison, La Dame Jeanne,  à une Goélette à hunier au large de Saint Domingue ». Le regard en direction de la flûte vide, De Vercourt compris que les masques allaient tomber.


C’est ainsi que les membres de l’Espadon assistèrent impuissants à l’arrivée de ce petit navire. Le Goéland, c’était son nom, vira de bord pour se placer sous le vent et présenter son flanc à L’espadon. Visiblement, il n’était pas question d’embarquer à bord du navire d’escorte. Longues-vues déployées, De Vercourt et ses hommes assistèrent au passage de ce navire peu enclin à respecter la coutume.
Il y avait au bord du Pélican une trentaine de gardes marines qui semblaient droits et nerveux. Derrière eux, plusieurs marins donnaient le change mais peu semblaient se trouver sur le pont. A l’arrière, le Capitaine dévisageait avec un certain dédain ce qui restait de l’Espadon après un voyage de 3 semaines, une tempête et une mutinerie. Il était bien étrangement fagoté comme un officier britannique, avec son vieil uniforme rouge qui ne trompa aucun des marins français. Il lança alors un ordre. Immédiatement les têtes de gardes marines volèrent sous une déferlante de pistolets lancés par des marins qui, dissimulés, les tenaient en joug. Puis quatre sabords se soulevèrent révélant autant de canon, et des boulets ramés volèrent en direction de l’Espadon.
Les français n’eurent pas les moyens de réagir. Ils assistèrent impuissants à  la chute immédiate du mât de misaine, qui emportaient les cordages avec lui. Ils durent ainsi couper haubans et voiles, pour s’affranchir du mât en préservant ses voisins. Quelques tonnes de matures et de cordes déblayées plus tard, l’Espadon sortit sa tête de l’eau. Le navire qui les avait surpris était maintenant quelques lieues plus loin, devant la Dame Jeanne. Quelques coups de canons avaient précédé l’abordage, et une bataille rapide mais certainement pas propre, avait sonné le glas du navire escorté avant même qu’il pût jeter l’ancre. Arrivés sur les lieus, les mutins ne trouvent rien que quelques outils et des cadavres. Parmi les victimes, Eglantine fait le deuil de son père, et de ce qu’il gardait précieusement ...





9) Se séparer des indispensables ?

L’Espadon dut une fois de plus se remettre sur pied dans la pire des situations. Avec un équipage réduit de moitié et un navire dans un état médiocre, les rares hommes indemnes durent prendre des initiatives pour « remettre à flot » leur navire à la dérive. Contre toute attente, De Jarnac, que tous pensait emprisonné, se présenta sur le pont. Avec ses vingt hommes et pas mal de courage, il n’attendu aucun ordre pour se mettre à la tâche et débarrasser le pont. Stratégie ou Bonne volonté ? On ne le saura jamais. Devant cette vision salutaire, Ange ramassa pourtant un pistolet sur le pont, vérifia qu’il soit chargé, et le pointa en direction de l’ancien second. Ce dernier reçut la balle à hauteur de nuque, et de la matière grise fut projetée sur le pont alors qu’il tomba pour ne jamais se relever. Il en fallait pourtant plus pour abattre cet obstiné qui malgré sa blessure tenait encore son corps dans un état avancé de crispation et ne pouvait relâcher ses yeux révulsés. C’est ainsi que les hommes de Colin, le pensant entre la vie et la mort, l’emmenèrent inerte à l’infirmerie. Il fut amené aux côtés de Ringuet, qui s’étonna de cette tentative de mise à mort certes ratée, mais brutale. Bien heureusement Rémy était là pour rectifier le tir : Sous le regard de son Maitre d’Equipage, il abrégea les blessures de l’ex-Second d’un estoc de sabre dans les entrailles...

Quelques heures plus tard, l’équipage de l’Espadon fait le point. Ils ne possèdent que très peu d’hommes. Un grand nombre marins du pont ont été mis à mal par les gabiers. Les gabiers ont été décimés par les hommes d’Ange, de Gwen Lossec, et des maitres voiliers, charpentiers et calfat. Colin et ses hommes souhaitent quitter le navire pour « conduite incompatible », bientôt rejoints par Ringuet à cause de « l’incident De Jarnac ». L’Espadon est en territoire presque inconnu, mis à mal et avec peu de vivres.
Lossec, Ange, Remy et De Vercourt se tournent vers les anciens officiers. De Bergnot, qui devait pourtant rejoindre De Jarnac et De Sailly dans la mort, fut gracié et confié à Colin, malgré les réticences du Capitaine De Vercourt. Quant à De Bourg, on le retrouva entre les mains d’Eglantine. Alors qu’il reprenait confiance, suite au coup porté à sa nuque par l’intrépide Mlle Gauthier, il faillit dire quelque chose ... Mais au moment de s’exprimer, il fut interrompu par sa propre dague qui lui fut glissée en travers de la gorge. Il se vida sans sang sur le parquet lorsqu’Eglantine rangea son couteau et ajusta son chignon. Le regard médusé du reste de l’équipage assît Eglantine sur le banc des personnes de ce bord à ne pas prendre à la légère ...

L’objectif premier fut de faire le point, et se reconstruire. Pour cela, l’équipage choisît à la quiétude d’une petite crique, le risque de se montrer aux vues et aux sues d’un petit village de fermiers français, au Nord de Saint Domingue. Arrivés au soir du 28 Juin, après une journée des plus éprouvantes, l'Espadon dépose son ancre dans une mer calme et limpide où se reflètent les étoiles. Et pendant que les marins s’affairent pour accoster, une grande réunion a lieu dans l’ancienne Cabine du Capitaine.

Le Conseil du Navire tient sa première Réunion : l’Assemblée. Y ont été élus par l’équipage :
o Francis De Vercourt, en sa qualité de Capitaine.
o Gwen Lossec, en sa qualité de Quartier-Maître.
o Ange, en sa qualité de Canonnier.
o Rémy de Saint Marc, en sa qualité d’Infirmier de bord.
o David Bucheron, que personne n’a retenu lorsqu’il a annoncé qu’il ferait partie de l’Assemblée, ou « casserait des têtes ! ».
o N’Serengi, en sa qualité de personne influente de l’équipage.


L’objectif de cette réunion était de définir une réponse, même vague et « Et maintenant ? » très souvent prononcé par l’équipage. La réponse, s’il en est, est venue du Capitaine. Il a présenté Eglantine à ses représentants, ainsi qu’un mystérieux texte en espagnol. Seule susceptible de comprendre cette langue, surtout à l’écrit, Eglantine dût se faire comprendre et instaurer une confiance en l’équipage.
Il était surtout question d’espagnols qui se marient, d’espagnols qui s’entretuent, et d’espagnols qui voyagent dans une cité lointaine... Mais voici la véritable histoire d’Eglantine, telle qu’elle a été décrite :



Plusieurs espagnols montent une expédition. L’objet de leur convoitise : L’Or, bien sûr. L’or d’une certaine cité. Et semble-t-il en très grande quantité. Mais quid de cette expédition ? Dur à dire pour le moment. Toujours est-il qu’un des espagnols annonce à un autre qu’il ne rêve que d’y retourner. Le secret de l’endroit semble être inscrit sur l’un de ces « fragments » qui est entré en possession d’Eglantine et Hubert Gauthier...


Fin du Chapitre 1
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Re: [En cours]Pavillon Noir - Les 5 Soleils

Message par sppaj / Jo le Mar 24 Fév - 1:16

Désolé pour le "pavé" précédent. Si vous voulez un pavé un peu plus digeste, vous n'avez qu'à aller piocher sur mon cloud, à l [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].

Et sinon : Youpi ! Il nous aura fallu 10 séances pour un chapitre, mais nous en sommes venus à bout !
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Re: [En cours]Pavillon Noir - Les 5 Soleils

Message par La Fée Noire le Mar 24 Fév - 12:34

^^
Yeah ! Ca veut dire qu'on s'amuse non ?
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